La passion des montres et du temps qui passe

11 mars 2014

Le Tritium de ma montre est il dangereux pour ma santé ?

Filed under: Non classé — labonneheure @ 18:12
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A priori on se dit que tout ce qui est radioactif ne devrait pas se retrouver proche de soi mais confiné dans des industries bien spécifiques ou bien cantonné au milieu médical, pourtant l’industrie horlogère a eu cette idée d’utiliser dans les montres une matière autoluminescente : du tritium… parce que celui-ci a la propriété « d’émettre en continu pendant des années une lumière d’intensité constante, indépendamment de toute influence externe, sous l’effet de très faibles quantités d’éléments radioactifs qu’elle renferme » (dixit Monyco).

A partir de là toutes les questions sont envisageables, on a tous en mémoire les accidents nucléaires de Tchernobyl ou encore de Fukushima et les dangers sur la santé qu’ils représentent même après plusieurs décennies.

Mais ne cédons pas à la panique, réflechissons un peu et regardons de plus près nos tocantes car les proportions ne sont pas comparables. Si j’achète une montre dont les aiguilles sont couvertes de Tritium ainsi que les index du cadran qu’est-ce que je risque en la portant ?

que sait on du Tritium ? (http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/RadioPDF/Tritium_SFRP.pdf)

  • il n’émet pas de rayon gamma mais des rayon beta, donc si vous essayez de mesurer la radioactivité d’une montre avec un compteur Geiger vous lirez au pire la radioactivité ambiante mais surement pas celle de la montre, ce qui ne veut pas dire que la montre n’est pas radioactive.
  • il a une demi vie courte: 12.35 ans, c’est a dire que tous les 12,35 ans il émet 2 fois moins de radioactivité
  • il se désintègre tous les ans au rythme de 5.6% et devient de l’hélium 3
  • il est produit en grande quantité par l’industrie nucléaire qui en rejette beaucoup dans la nature, mais il est aussi produit de manière naturelle dans l’atmosphère.
  • le tritium ne présente un risque radiologique que s’il pénètre dans l’organisme.
  • le tritium a une radiotoxicité faible, c’est a dire qu’il ne reste pas longtemps dans le corps lorsqu’il y pénètre et il ne pénètre que très superficiellement dans les tissus (6 µm)

Avec tous ça qu’est-ce que je risque avec ma montre qui brille la nuit ?

Prenons un tableur et calculons:  si je prends comme exemple 1 gramme de Tritium et que j’applique le calcul de la demi vie, au bout de 36 ans il restera 0.133 gramme de Tritium, le reste se sera transformé en hélium 3. Dans le même laps de temps le tritium restant aura vue sa radioactivité divisé par 8.

Cependant 1g de Tritium c’est énorme, ça représente 359 mille milliards de becquerel (359 TBq).

Quelques chiffres:

  • La production naturelle annuelle atmosphérique est comprise entre 0,15 et 0,20 kg soit 50 000 à 70 000 TBq.
  • Les essais aériens d’armes nucléaires ont rejeté dans l’atmosphère, de 1945 à 1963, environ 650 kg de tritium. Compte tenu de la décroissance radioactive du tritium, en 1995 il en restait environ 65 kg répartis dans l’atmosphère et les océans.
  • Les rejets liquides de tritium des centrales nucléaires à eau sous pression en France sont d’environ 10 TBq/an (0,03 g/an) pour un réacteur de 900 MWe.

A lire tout ça on rigole moins, mais y a t’il seulement 1g de tritium dans une montre ? même 0.1g ? je ne crois pas, il n’est pas utilisé pur, mais mélangé avec d’autres produits comme des vernis, des colles, des résines… afin d’être appliqué sur le cadran et les aiguilles sous la forme d’une pâte.

Regardons maintenant une montre au tritium, le cadran, zone ou est appliqué majoritairement le produit, se situe à environ 3 mm de la surface de la peau, c’est déjà suffisemment loin pour être a la limite de la zone de pénétration rayonnante.

Regardons maintenant la peau, et surtout la couche directement en contact avec la montre: l’épiderme. Il mesure 40µm au minimum et peut aller jusqu’à 6mm d’épaisseur. Encore une fois nous somme bien au delà de la zone pénétrante rayonnante pour les tissus organiques qui est de 6µm.

Alors j’imagine que vous voyez où je veux en venir mais comme je ne suis pas expert en la matière, ni médecin, ni même scientifique, je ne peux que  donner mon avis de blogueur amateur de montres:  ne fuyez pas une montre au tritium, la majorité d’entre elles sont souvent anciennes et de toute façon ont vient de voir que le produit était loin de vous même dans une montre.

Cependant, si vous pensez que porter une montre au tritium est un risque que vous ne souhaitez pas prendre, ne la jetez pas à la poubelle ! donnez la à un horloger.

Si vous voulez lire plus sur le sujet :

http://www.transfert.net/La-radioactivite-d-une-montre-au

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20100709_rapports_IRSN_etat_connaissances_tritium.aspx

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4 commentaires »

  1. « il n’émet pas de rayon gamma mais des rayon beta, donc si vous essayez de mesurer la radioactivité d’une montre avec un compteur Geiger vous lirez au pire la radioactivité ambiante mais surement pas celle de la montre »

    Petite précision : les compteurs Geiger sont pour l’immense majorité capable de mesurer Beta ET gamma.

    Merci pour l’article

    Commentaire par Madcas — 18 décembre 2017 @ 10:27 | Réponse

    • Merci pour la remarque.

      Commentaire par labonneheure — 19 décembre 2017 @ 18:52 | Réponse

  2. Si vous mesurez votre montre avec un compteur geiger classique, tube geiger métallique sensible aux (béta/gamma), il ne sera pas assez sensible pour détecter les rayons béta émis par le tritium. en effet , le tube geiger métallique ne détecte que les forts rayonnements béta.
    Par contre, utilisez un compteru geiger avec un tube avec fenêtre au mica, sensible aux rayons alpha/béta/gamma et là vous verrez que le rayonnement sort parfaitement de la montre pour irradier votre peau. A quelle dose, c’est un grand mystère.
    Il faut 3 mm d’épaisseur d’aluminium ou 10mm de plexiglas pour bloquer des rayons béta. Je ne pense pas qu’une montre ait un boitier aussi épais.
    Mais la vérité, c’est qu’un compteur geiger n’est qu’un détecteur de particules et ne permet pas de faire des mesures fiables de doses. Ce sont souvent des appareils grand-public pas suffisamment sensibles. Peut-être même qu’ils ne détecterait même pas des légumes de Tchernobyl.
    En milieu professionnel, d’autres appareils coutants 10 à 20 fois plus cher seront utilisés pour avoir de vrai mesures.

    Le lien vers l’article de la criirad (organisme indépendant à but non lucratif) est assez parlant, ils expliquent avoir mesuré du tritium dans les urines d’un poteur de montre au tritium.
    Par contre, le lien vers l’article de l’IRSN et celui de la SFRP ne sont pas fiables, ils expliquent qu’on ne sait pas trop, que ce n’est pas grand chose et difficilement mesurable. En fait, ils n’ont pas vraiment envie de faire de recherches sur ce sujet. Mêmes certaines données sont fausses, ils explique que les rayon béta ne dépassent pas 5mm dans l’air et 0,6mm à travers la peau alors qu’on peut les mesurer à travers 5mm de plexi qu’ils traversent presque 6mm à travers la peau pour atteindre les muscles. http://www.laradioactivite.com/site/pages/expositionsexternes.htm Comment peuvent-ils avancer de tels chiffres ? Ils confondent rayonnements alpha et béta ?
    Forcément, si ils devaient reconnaitre que le tritium est dangereux, ça voudrait dire qu’il faudrait fermer nos réacteurs nucléaires et surtout le centre de retraitement de la Hague et qui en rejette en permanence dans l’environnement. ça serait la faillite du nucléaire et d’EDF, et ça couterait des centaines de milliards d’euros.
    SI personne de s’occupe des montres au tritium alors qu’elles sont interdites à la vente en France, c’est parce qu’il ne faut surtout pas faire de vagues autour du nucléaire, depuis toutes ces années où on nous explique que c’est bon pour l’environnement…
    Sarkozy était même allé au Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, Ce n’était pas pour apporter son soutient aux victimes, mais pour rassurer les japonnais et expliquer lors d’une conférence de presse qu’il ne fallait pas s’empresser de fermer les centrales nucléaire, que le nucléaire était utile et qu’on avait rien d’autres pour le remplacer.
    Sa visite a dû vraiment réconforter les habitants de Fukushima.

    Commentaire par FaB — 23 janvier 2018 @ 1:15 | Réponse

    • Bonjour et merci de votre commentaire.
      Votre exemple d’un porteur de montre au tritium me laisse un peu perplexe, dire que c’est la montre qui l’a contaminé me semble réducteur. il faut voir le contexte aussi. Peut être cette personne est horloger et manipule des montre au tritium tous les jours, ou bien peut être qu’il travaille près d’une centrale…

      Commentaire par labonneheure — 24 janvier 2018 @ 11:01 | Réponse


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